*La dissociée et la connectée*
Je me sens coupée.
Coupée de tout.
Je voudrais être seule.
J’ai envie de me retrouver dans une petite bulle et de ne plus être.
De ne plus être personne.
J’ai envie qu’on m’oublie.
J’ai envie de disparaître.
Non.
Pas de mourir.
Juste disparaître.
Juste être invisible.
Qu’on m’ignore.
J’ai envie de n’exister que pour moi.
Ai-je vraiment envie d’exister?
La partie dissociée dirait qu’elle s’en fout.
La connectée, elle, veut bien vivre. Elle aime la vie… mais elle s’en est allée.
Elle est partie prendre une pause.
C’est son réflexe dès qu’elle se sent blessée.
Elle appelle la dissociée pour prendre le relais.
La dissociée, on la sent arriver.
On sent le froid qu’elle dégage.
On le voit dans son regard.
Dans son inertie.
Elle reste de glace devant une comédie.
De glace devant ceux qui l’aiment et lui offrent leur attention.
De glace devant l’amour qu’on lui donne.
Elle n’arrive pas à faire semblant.
Elle sait qu’elle blesse les gens.
Elle en est consciente.
Mais elle est incapable de ressentir.
Elle veut juste être seule.
Elle veut disparaître.
Elle veut qu’on l’oublie.
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Ce texte décrit mon expérience de la dissociation.
Quand cet état s’installe, ce n’est pas que je n’aime plus les gens autour de moi ou que je ne veux plus d’eux. C’est plutôt que mon système nerveux est tellement submergé qu’il coupe momentanément l’accès à mes émotions pour me protéger.
Dans mon cas, j’ai besoin de me retrouver seule. Le calme et la sécurité me permettent peu à peu de me reconnecter à mon corps, de ressentir à nouveau mes émotions et de retrouver la « connectée ».
Avec un TSPT complexe, mon système nerveux se surcharge plus rapidement, particulièrement lorsque je suis fatiguée, stressée ou blessée émotionnellement. La dissociation peut alors arriver très vite.
Avec le temps, j’apprends à reconnaître les premiers signes. Je n’y arrive pas toujours, mais de plus en plus, je suis capable d’accueillir cet état sans le combattre, de respecter mon besoin de ralentir et d’aider mon système nerveux à retrouver un sentiment de sécurité.
Chaque personne vivant avec la dissociation la ressent différemment. Ceci est simplement mon vécu, dans l’espoir qu’il puisse mettre des mots sur ce que d’autres ressentent… ou aider un proche à mieux comprendre cette réalité.

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