la dissociation
C’est quoi, la dissociation?
La dissociation est un mécanisme de protection. Lorsqu’une situation est perçue comme trop menaçante par notre système nerveux — que le danger soit réel ou simplement ressenti — notre cerveau peut choisir de nous couper de nos émotions pour nous protéger.
Et souvent… on ne s’en rend même pas compte.
On a simplement l’impression de ne plus vraiment ressentir.
La tristesse est loin.
La joie aussi.
La colère devient inaccessible.
Même l’amour peut sembler absent.
On se sent vide.
Les autres peuvent nous percevoir comme froids, distants ou détachés. Pourtant, à l’intérieur, ce n’est pas de l’indifférence. C’est un système de survie qui fait exactement ce qu’il a appris à faire.
C’est comme vivre sur pilote automatique.
On est constamment dans le faire.
Il ne reste presque plus de place pour être.
Et cet état peut durer quelques heures…
quelques semaines…
parfois même des années.
J’ai passé une grande partie de ma vie en dissociation.
Je me souviens que mon ex disait souvent que j’étais « comme un bloc de glace ».
À l’époque, j’avais commencé à m’observer. Un jour, j’ai réalisé que je ne me rappelais même plus la dernière fois où j’avais ressenti de la joie.
Cette prise de conscience aurait pu me rendre profondément triste…
Mais je ne ressentais tout simplement… rien.
C’est à ce moment-là que j’ai entrepris un long… très long chemin de guérison pour réapprendre à habiter mon corps.
Il y a maintenant huit ans que ce chemin a commencé.
Puis, il y a environ trois semaines, quelque chose s’est passé.
Pour la première fois de ma vie, j’ai senti mon système nerveux paniquer… sans partir en dissociation.
J’ai réussi à rester présente suffisamment longtemps pour entendre ce que mon corps essayait de me dire.
J’ai nommé mon état intérieur.
J’ai exprimé mon besoin à mon partenaire.
Je lui ai demandé d’être là pour moi.
Et, pour la première fois, mon cerveau n’a pas utilisé son vieux réflexe de survie.
Je ne l’ai réalisé qu’après coup.
Mais ce moment a été immense.
J’avais réussi à déjouer un mécanisme qui m’avait protégée pendant toute mon enfance.
Encore aujourd’hui, juste en l’écrivant, j’en suis émue.
Si tu vis de la dissociation, j’aimerais que tu retiennes une seule chose :
Ce n’est pas une condamnation à vie.
Le cerveau possède une capacité extraordinaire appelée neuroplasticité. Grâce à de nouvelles expériences relationnelles, émotionnelles et corporelles sécurisantes, il peut créer de nouveaux circuits neuronaux.
Petit à petit, il apprend qu’il n’a plus besoin de se protéger de la même façon.
Ce chemin demande du temps.
Il demande de la douceur.
Il demande parfois beaucoup de courage.
Mais il est possible.
Et je suis la preuve vivante qu’un système nerveux peut apprendre, lentement, à revenir à la vie.
Avec Amour, Steph

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